Du cabinet de médecine générale aux grandes scènes de la recherche internationale, le parcours de Nadjib raconte une histoire de cohérence et de courage : celle d’un médecin qui a choisi la science pour mieux défendre les patients, et d’un chercheur qui n’a jamais oublié pourquoi il avait commencé.
Tout commence à Alger. Sur les bancs de la Faculté de médecine d’Alger, Nadjib Mokraoui se forme à la médecine générale avec une idée simple : soigner, être utile, rester au plus près des patients. Mais très vite, une interrogation s’impose : comment passer d’une médecine essentiellement curative à une approche réellement préventive, capable d’agir en amont et à l’échelle d’une population entière ? Pourquoi certaines maladies continuent-elles d’échapper au dépistage précoce, restant mal comprises, mal diagnostiquées, parfois même invisibles ?
Ces questions l’emmènent de l’autre côté de l’Atlantique. Direction le Québec, au Canada, à l’Université de Sherbrooke, où il poursuit ses études et découvre la recherche clinique. Ce n’était pas prévu. Ce sera décisif.
Quinze ans au Canada, au cœur de la recherche
Le Canada devient son terrain d’apprentissage et d’engagement. Pendant près de quinze ans, Nadjib y vit et y travaille, gravissant patiemment les échelons de la recherche : assistant de recherche, puis gestionnaire de projets, coordonnateur d’études multicentriques. Il collabore avec des équipes de premier plan, notamment à l’Université McGill, au cœur d’une recherche exigeante, structurée, internationale.
Ces années forgent sa méthode : rigueur scientifique, travail collectif, et surtout une attention constante à l’impact réel de la recherche sur la vie des patients. Mais au fil des projets, une thématique s’impose : la santé des femmes — et plus particulièrement une maladie encore trop souvent reléguée au second plan.
Reprendre les études pour faire avancer une cause
Revenir sur les bancs de l’université après une carrière bien installée ? Nadjib fait ce choix. Il entame un doctorat en épidémiologie et en santé publique à l’Université Paris-Saclay, avec un objectif clair : mieux comprendre l’endométriose et contribuer à la sortir de l’ombre.
À travers ses travaux, il explore les profils et les trajectoires de la maladie, ses impacts multiples et les angles morts de sa prise en charge. Une recherche à la fois scientifique et militante, portée par la conviction que produire des connaissances, c’est aussi faire évoluer les regards.
Une recherche qui traverse les frontières
Ses résultats ne restent pas confinés aux laboratoires. Ils circulent, se discutent, se confrontent. Des congrès européens jusqu’à l’Australie, les travaux de Nadjib voyagent et nourrissent le débat scientifique international. Cette reconnaissance se traduit par des prix et distinctions, dont le Prix de la Fondation suisse Myriam de Senarclens, attribué en 2026 — un prix international rare, remis à un seul chercheur tous les quatre ans.
PRECURSOR, un projet pour changer les trajectoires
Aujourd’hui, Nadjib ne se contente plus d’analyser : il construit. Aux côtés du Éric Bautrant, gynécologue reconnu internationalement pour son expertise des douleurs pelviennes chroniques, il lance une étude d’envergure nationale consacrée à la prise en charge précoce de la douleur gynécologique chez les adolescentes : le Projet PRECURSOR. En tant qu’investigateur principal, il porte une vision claire et ambitieuse : prévenir plutôt que réparer, intervenir tôt pour éviter des années d’errance médicale.
Nous sommes fiers de vous annoncer que deux membres de l’équipe ComPaRe-Endométriose ont été distingués pour leurs travaux !
Félicitations au Dr Nadjib M. Mokraoui, récipiendaire du Prix du Meilleur e-poster au 10ème Congrès de la Society of Endometriosis and Uterine Disorders à Genève en avril. Son étude sur les profils de comorbidités chez les femmes atteintes d’endométriose a été particulièrement remarquée. L’objectif de cette étude était de décrire les profils de comorbidités chez les femmes atteintes d’endométriose et d’examiner leurs impacts sur les symptômes douloureux et la qualité de vie au cours du temps.
Un autre grand bravo à Dr Hélène Amazouz, lauréate du Prix du Meilleur e-poster au 7ème Congrès Européen sur l’Endométriose à Bucarest en juin, pour son étude sur les clusters de traitement chez les femmes souffrant d’endométriose et/ou d’adénomyose. L’objectif de cette étude était d’identifier les profils de types de traitement utilisés pour moduler les symptômes douloureux de l’endométriose.
Nous adressons un immense merci à la Fondation pour la Recherche Médicale pour son soutien précieux à ces deux jeunes chercheurs, ainsi qu’à la Society of Endometriosis and Uterine Disorders et à l’European Endometriosis League pour ces reconnaissances importantes.
Un grand merci à tou·te·s les participant·e·s de ComPaRe-Endométriose. Votre engagement à nos côtés est la clé de ces avancées !

Patagez sur vos réseaux sociaux :