2026-08-23
15,6 millions : c'est le nombre de cancers de l'estomac que les chercheurs anticipent pour les générations nées entre 2008 et 2017. Trois cas sur quatre seraient liés à une seule bactérie, détectable et traitable. Une opportunité de prévention massive que l'on ne peut pas se permettre d'ignorer.
Publiée en 2025 dans la revue Nature Medicine, une étude coordonnée par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC, OMS) tire la sonnette d'alarme : le cancer gastrique reste la cinquième cause de mortalité par cancer dans le monde, et la majorité des cas sont directement liés à Helicobacter pylori, une bactérie fréquente, silencieuse... et évitable ! Cette étude a été publiée il y a un an, mais ses conclusions méritent d'être rappelées tant elles changent la façon d'aborder la prévention du cancer de l'estomac.
Classée cancérogène avéré pour l'humain (groupe 1) par le CIRC, Helicobacter pylori est une bactérie qui s'installe dans la muqueuse stomacale, fréquemment dès l'enfance, transmise au sein du foyer familial. Sans traitement, elle provoque une inflammation chronique appelée gastrite, qui peut évoluer vers des lésions précancéreuses : atrophie de la muqueuse, métaplasie intestinale, puis dysplasie, selon la Société française d'endoscopie digestive (SFED).
76 % des 15,6 millions de cancers gastriques attendus chez ces jeunes générations lui seraient attribuables. Dit autrement : supprimer cette infection réduirait de près des trois quarts le fardeau mondial du cancer de l'estomac.
En France, l'Institut national du cancer (INCa) estime que 20 à 50 % de la population est porteuse de la bactérie, mais moins de 1 % développera un cancer. Ça peut sembler rassurant. Pourtant, l'Institut Pasteur recense environ 6 500 nouveaux cas par an en France, avec une survie à cinq ans de seulement 15 à 20 %. Ces chiffres donnent tout son sens à la prévention.
La bonne nouvelle : un traitement antibiotique couplé à un inhibiteur de la pompe à protons permet d'éradiquer la bactérie dans la grande majorité des cas. La SFED signale pourtant une résistance aux antibiotiques d'environ 30 % en France, ce qui impose de retenir les protocoles avec rigueur et de toujours contrôler l'éradication après traitement.
Plusieurs tests permettent de diagnostiquer Helicobacter pylori : le test respiratoire à l'urée marquée, la recherche d'antigènes dans les selles, ou les biopsies
réalisées lors d'une gastroscopie. Cette dernière reste l'examen de référence, car elle permet de visualiser directement la muqueuse et de repérer d'éventuelles lésions précancéreuses.
Ni l'INCa ni la SFED ne recommandent un dépistage
systématique de toute la population. En revanche, certaines situations justifient clairement d'en parler à son médecin :
Le tabac, l'alcool et une alimentation très salée amplifient par ailleurs le risque gastrique. Éliminer Helicobacter pylori reste toutefois le levier le plus puissant. Si vous vous reconnaissez dans l'un de ces profils, un simple test respiratoire peut suffire à faire le point : c'est rapide, non invasif, et potentiellement décisif pour votre santé digestive à long terme.
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