2026-06-28

Diaspora scientifique : l’Algérie institutionnalise le retour de ses cerveaux


Réuni dimanche au Pôle scientifique et technologique Chahid Abdelhafid-Ihaddaden à Alger, le Haut conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger a tenu sa session constitutive. Une première dans l’histoire du pays, qui traduit la volonté du président Tebboune de transformer l’exode des compétences en levier de développement national.

De l’informel à l’institutionnel

Le Conseil des ministres du 21 juin 2026, présidé par Abdelmadjid Tebboune, a acté la création d’un Haut Conseil pour la communauté scientifique nationale à l’étranger. Un signal fort envoyé aux millions d’Algériens qualifiés établis hors du pays. Placé directement sous la tutelle de la Présidence de la République et doté d’une autonomie financière et administrative, ce conseil marque une rupture dans la manière dont l’État algérien appréhende sa diaspora scientifique. Jusqu’ici, la relation avec cette diaspora restait informelle et dispersée. Désormais, elle s’institutionnalise.

Présenté comme une institution de «haut rang», le conseil sera composé de «sommités algériennes connues à travers le monde». Il vise à mettre à contribution les compétences et expertises de la communauté nationale établie à l’étranger, «qui affiche durant les dernières années une pleine implication dans l’essor socio-économique de la nation».

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Selon un communiqué officiel, le chef de l’État a invité les scientifiques algériens de la diaspora à mettre leur savoir-faire au service des ambitions de développement du pays. Il a également salué leur contribution potentielle dans des secteurs stratégiques tels que l’industrie, l’énergie, le numérique et la recherche appliquée.

Un appel solennel du président Tebboune

Dans son discours devant le Conseil des ministres, le président de la République a adressé un message d’ouverture sans précédent à la diaspora intellectuelle algérienne. Tebboune a souligné que «la nation algérienne est fière de ses compétences où qu’elles se trouvent à travers le monde», réaffirmant son engagement à leur ouvrir «largement la porte de la liberté» afin qu’elles puissent participer, aux côtés de leurs homologues établis en Algérie, à «développer davantage le pays et le hisser au rang des États avancés».

Abdelmadjid Tebboune a souligné que «la nation algérienne est fière de ses compétences où qu’elles se trouvent à travers le monde»

Ce discours s’inscrit dans une stratégie plus large de valorisation du capital humain national. La création du haut conseil s’inscrit dans la perspective d’une «forte implication de la diaspora nationale, qui s’inscrit pleinement dans la vision d’une Algérie nouvelle et prospère».

La diaspora et ses associations saluent la décision

La décision a suscité des réactions positives au sein des communautés algériennes établies à l’étranger. Des associations algériennes établies en France et en Belgique ont salué la création du Haut conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger, soulignant que cette décision traduit la vision du président Tebboune et son engagement constant en faveur de la diaspora algérienne.

Le secrétaire général du Mouvement dynamique des Algériens de France (MOUDAF), Nasser Khabat, a indiqué que son association accueille avec «une profonde satisfaction» la décision des hautes autorités de l’État, saluant «l’attention particulière portée par le président de la République à l’implication des compétences nationales établies à l’étranger dans la construction de l’Algérie de demain».

Le secrétaire général du Mouvement dynamique des Algériens de France (MOUDAF), Nasser Khabat, a indiqué que son association accueille avec «une profonde satisfaction» la décision des hautes autorités de l’État

Dans une déclaration à l’APS, il a estimé que cette initiative représente «une avancée politique majeure qui consacre la confiance accordée aux compétences de la diaspora et leur pleine adhésion aux grandes ambitions nationales». «En ouvrant ce cadre de réflexion, d’expertise et de proposition aux scientifiques, chercheurs et experts algériens du monde, l’Algérie affirme sa volonté de mobiliser l’ensemble de ses compétences au service du développement national, de la souveraineté scientifique et technologique ainsi que du rayonnement international de notre pays», a-t-il ajouté.

Un contexte de reconquête scientifique nationale

La création de ce Haut conseil n’est pas un acte isolé. Elle s’inscrit dans une série de décisions prises lors de la même réunion du Conseil des ministres, toutes orientées vers la connaissance et l’innovation comme moteurs de croissance. Le président Tebboune a notamment insisté sur la nécessité de «redonner vitalité à la recherche et à l’exploration» dans le domaine de l’archéologie, et d’ordonner la création d’une Agence nationale d’archéologie dotée de son propre corps de police spécialisé, chargé de «protéger et surveiller tout ce qui concerne le patrimoine archéologique».

Sur le plan numérique, la Haut-commissaire à la numérisation a été chargée d’élaborer une carte sociale nationale avant la prochaine rentrée, ce qui «conduira l’Algérie vers une nouvelle ère de justice sociale, dans le cadre de la vision d’un État moderne et fort, doté d’un système numérique garantissant la souveraineté nationale».

Ce déploiement institutionnel autour de la diaspora scientifique témoigne d’une prise de conscience de l’ampleur du vivier que représentent les chercheurs, ingénieurs et universitaires algériens dispersés à travers le monde, dans les grands centres de recherche européens, américains et asiatiques. Reste à traduire cette volonté politique en mécanismes concrets d’attractivité et de collaboration durable, qui permettront à l’Algérie de capitaliser sur ses talents au-delà des discours d’appel symbolique.


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