2026-06-15
En 2035, l’humanité atteindra un point de non-retour. Grâce à une intelligence artificielle (IA) qui progresse à un rythme effréné, la biologie de l’être humain va changer de dimension. Oubliez la science-fiction et l’utopie d’une vie éternelle. Vivre jusqu’à 160 ans est désormais un projet industriel colossal, financé à hauteur de milliards de dollars par les grands investisseurs de la Silicon Valley, le cœur technologique de la Californie aux USA.
Le docteur et essayiste Laurent Alexandre (2026) défend cette thèse : une fois le cap de 2035 franchi, grâce à la super intelligence artificielle, vous pouvez vous assurer d’atteindre une longévité extraordinaire. Sa formule ironique, «savoir traverser la rue», prend alors tout son sens. Elle nous rappelle que d’ici là, notre seul risque ne sera plus lié à la véritable biologie, mais aux accidents. Le risque, c’est de mourir d’un accident bête juste avant la révolution technologique à laquelle nous assistons (Ibid).
Cette fusion de l’informatique et de la biologie humaine s’apprête à faire voler en éclats notre modèle social. Si les machines éradiquent un jour le vieillissement et les maladies, sur quelles bases ferons-nous société ? Pour éviter un effondrement dans ce monde où l’on ne vieillit plus, la solution sera économique.
Les cercles dirigeants de la Silicon Valley, dont les théories se diffusent aujourd’hui chez les analystes européens, explorent déjà des pistes concrètes. Ils évoquent notamment le versement d’une allocation citoyenne massive (revenu universel), pouvant atteindre 15 000 dollars mensuels, alimentée par la taxation des super profits des entreprises d’IA.
Cette mesure serait financée par la productivité inédite des robots humanoïdes qui travailleront jour et nuit pour produire des biens, assurer des services et le reste, ainsi que par une fiscalité ciblée sur la super intelligence artificielle. Ce dividende universel spectaculaire, est le seul capable de redistribuer les richesses colossales générées par l’IA.
A ce titre, Elon Musk, le fondateur de xAI et de Tesla affirme que l’IA et les robots humanoïdes (comme Optimus) vont générer une «abondance extraordinaire». Il défend l’idée que le chômage de masse provoqué par les machines robotisées sera compensé par un revenu universel élevé versé par les gouvernements, estimant que le coût du travail humain tombera à zéro.
Dans ses écrits prospectifs sur la loi de Moore, Sam Altman le dirigeant d’OpenAI, tablait déjà sur une explosion de richesses capable d’assurer à chaque citoyen américain majeur un versement annuel de 13 500 dollars. Pour adosser ces prévisions à des données concrètes, il a lui-même injecté des millions de dollars dans de vastes expérimentations de terrain à travers son organisation à but non lucratif Open Research. Dario Amodei, qui est le fondateur d’Anthropic (entreprise américaine d’intelligence artificielle qui a créé Claude, le grand rival de ChatGPT) explique qu’un seul serveur doté d’une super-intelligence aura d’ici peu les capacités de milliers de prix Nobel. Cette explosion de productivité scientifique et industrielle devrait, selon ces théoriciens, créer des plus-values économiques énormes capables de financer ces sommes astronomiques.
Pour vivre jusqu’à 160 ans dans dix ans, il faut changer complètement notre façon de penser la médecine. Il faudrait abandonner la médecine traditionnelle qui attend que les symptômes apparaissent pour agir. Les ingénieurs de la super IA de la Silicon Valley ont une approche tout à fait différente. Ils considèrent le corps humain comme un système informatique complexe. L’ADN et l’épigénétique (l’étude des mécanismes qui modifient l’activité de nos gènes sans changer notre code ADN) sont comme le code source de ce système. Avec le temps, ce code accumule des erreurs, comme des bugs dans un programme informatique.
Le vieillissement n’est plus une chose inévitable, mais plutôt un problème technique qui peut être résolu ! A cet égard, le patron de l’IA de chez Google, Demis Hassabis, qui a obtenu le prix Nobel de chimie en 2024 (pour avoir créé AlphaFold, une intelligence artificielle capable de prédire la structure des protéines) a annoncé que, entre 2030 et 2040, grâce à la super intelligence artificielle, il y aura une disparition totale des maladies, depuis les anomalies de l’ADN jusqu’aux cancers et aux affections du cerveau.
Elon Musk, applique cette même logique à la biologie humaine. Il considère que la mort n’est pas une décision divine (cette vision matérialiste se heurte frontalement à nos vérités de foi. Car, dans notre religion, la vie, la vieillesse et la mort relèvent exclusivement du décret divin), mais plutôt un problème d’ingénierie qui peut être résolu. L’évolution fait vieillir nos cellules au fil du temps, ce qui permet à l’espèce humaine de se renouveler. Mais les géants de l’intelligence artificielle de la Silicon Valley, parmi lesquels Microsoft, OpenAI, Google, Meta, DeepMind, Amazon, Nvidia, Anthropic et xAI, veulent inverser ce processus. Grâce aux modèles d’IA, ils peuvent analyser des milliards de données cellulaires en quelques secondes. Cela leur permet de reprogrammer nos cellules pour arrêter le vieillissement. La super intelligence artificielle peut transformer le vieillissement en un simple problème logiciel qui peut être corrigé !
Les spécialistes de la biotech se posent une vraie question : pourquoi tous nos organes vieillissent-ils en même temps ? Pour l’équipe d’Altos Labs, la start-up médicale soutenue par Jeff Bezos, ce vieillissement général cache en fait un poste de commande unique, une sorte d’horloge centrale. L’enjeu est énorme.
Si une intelligence artificielle réussit à décoder ce signal pour en prendre le contrôle, la mort ne sera plus une fatalité. Il ne s’agira plus de soigner les maladies une par une, mais de reprogrammer nos cellules pour que le corps se répare indéfiniment. Elon Musk veut mettre la puissance de ses machines au service de la médecine. Ses supercalculateurs, qui font tourner l’IA Grok, pourraient bientôt servir à analyser le corps humain et à poser des diagnostics.
Il n’est pas le seul sur ce créneau. Les patrons d’Alphabet, la maison mère de Google, poursuivent exactement la même ambition depuis des années avec leur laboratoire Calico. Chez ces géants de la tech, les algorithmes ne sont plus utilisés uniquement pour classer les pages web ou pour cibler les publicités. Chez ces géants de la tech, les algorithmes ne servent plus seulement à classer des pages web ou à cibler des publicités.
Comme le souligne le dossier de l’Inserm actualisé en 2025 sur la médecine du futur, les modèles d’IA analysent aujourd’hui nos données biologiques à une échelle si gigantesque qu’ils y détectent des liaisons invisibles pour la médecine traditionnelle. Ainsi, la quête de l’immortalité biologique s’accélère sous l’impulsion de l’IA et des milliards de dollars investis par les géants de la Silicon Valley. Sam Altman incarne cette tendance : il a personnellement posé 180 millions de dollars sur la table pour financer les laboratoires de Retro Biosciences.
Le patron d’OpenAI refuse de voir l’IA comme un simple outil pour écrire des textes. Il l’imagine plutôt comme un microscope ultra-puissant capable de décoder le vivant pour nous offrir trente ou quarante ans de vie saine en plus. Pour lui, le vieillissement n’est qu’une bête erreur de code informatique, un bug dans nos données cellulaires.
Les premiers résultats sont déjà là : après avoir développé en laboratoire des protéines qui rajeunissent les cellules à toute vitesse grâce à l’IA d’OpenAI, la start-up Retro Biosciences vient de lancer ses premiers essais cliniques sur l’homme.Cette quête fait partie de l’ADN de Google depuis la création de Calico, sa division dédiée à la gérontologie.
L’intégration de l’IA a concrétisé ces théories, particulièrement grâce à AlphaFold. Ce modèle conçu par DeepMind a modélisé la structure tridimensionnelle de la quasi-totalité des protéines répertoriées. Demis Hassabis, à la tête de cette entité, affirme que cet outil fait économiser des siècles de travaux aux chercheurs en biologie. De son côté, Ray Kurzweil, futurologue chez Google, anticipe l’avènement de la vitesse d’évasion de la longévité dès le début de la décennie 2030. A ce stade, les progrès médicaux devanceront le flux temporel : chaque année écoulée ajoutera plus de douze mois à notre espérance de vie. C’est la fameuse «vitesse d’échappement de la longévité», une thèse scientifique publiée en 2004 par le chercheur Aubrey de Grey.
Kurzweil table également sur l’apparition en 2035 de robots microscopiques circulant dans notre système sanguin. Supervisées à distance, ces nanotechnologies corrigeront les mutations de l’ADN et élimineront les dépôts de cholestérol. L’IA exécute ainsi en quelques heures des simulations de liaisons chimiques qui nécessitaient auparavant des décennies d’expérimentations. Quant à la trajectoire de Meta, elle repose sur la puissance de calcul brute et le traitement massif des données de santé.
A travers la Chan Zuckerberg Initiative, l’ambition est de cartographier l’intégralité des cellules humaines sous forme de répliques virtuelles. Ces jumeaux numériques, entraînés par des réseaux de neurones sur des millions de profils génétiques, permettront aux praticiens de tester virtuellement la tolérance et l’efficacité d’une molécule anti-âge sur un siècle en seulement quelques minutes de calcul.
Ce rythme confirme les prédictions d’Anthropic, selon lesquelles une super intelligence pourra condenser un siècle de découvertes médicales en dix ans, faisant d’une longévité à 160 ans en 2035 une simple routine de maintenance informatique. Pour garder un corps de trentenaire à l’âge de 160 ans, la médecine de demain va s’appuyer sur la puissance des algorithmes.
La pièce maîtresse de cette révolution repose sur les facteurs de Yamanaka, une découverte récompensée par le prix Nobel de médecine en 2012, qui permet de rajeunir les cellules sans effacer leur fonction d’origine. C’est précisément là que l’intelligence artificielle entre en jeu pour des laboratoires comme Altos Labs ou Retro Biosciences. En s’appuyant sur des modèles développés par OpenAI, l’IA analyse des millions de combinaisons pour trouver la formule exacte capable de régénérer les organes, tout en écartant les menaces de cancers ou de rejet par l’organisme.
En parallèle, les chercheurs s’attaquent aux cellules sénescentes, ces «cellules zombies» qui refusent de mourir et empoisonnent l’organisme. Sur ce terrain, des travaux majeurs publiés en 2024 par le géant hospitalier américain de la Mayo Clinic démontrent comment l’IA sert de boussole pour guider l’élimination de ces agents nocifs sans abîmer les tissus sains tout autour. Ce bouleversement de la biologie humaine va aussi redéfinir notre façon de traiter Les pathologies cancéreuses.
D’ici 2035, l’oncologie pourrait basculer dans l’ère du code : grâce à l’intelligence artificielle, une tumeur maligne pourra être traitée comme une simple erreur de réplication cellulaire à corriger immédiatement. A partir d’un simple prélèvement sanguin ou d’une imagerie ciblée, les mutations seront détectées bien avant l’apparition du moindre symptôme ou d’une masse visible.
Sur ce point, les projections de l’institut de recherche de la Mayo Clinic ou les travaux d’entreprises comme Moderna (entreprise de biotechnologie américaine devenue mondialement célèbre pour avoir créé l’un des principaux vaccins à ARN messager contre la Covid-19) prévoient déjà la création de vaccins à ARN messager personnalisés.
Développés en l’espace de quelques heures à peine, ces traitements vont pouvoir apprendre au système immunitaire de cibler et détruire les cellules cancéreuses. Le tout en épargnant les tissus sains, ce qui reléguera la chimiothérapie au rang de vieille médecine du passé. Quant à l’hôpital, il va peu à peu s’effacer pour laisser place à une surveillance invisible, à la maison.
De minuscules capteurs placés sous la peau enverront nos données de santé à une IA dédiée. L’IA, corrigera le tir immédiatement en libérant des micro-doses de traitement ultra-précises. Cet allongement spectaculaire de la durée de vie de l’homme suscite un immense scepticisme chez les scientifiques traditionnels (Sinclair, 2023), mais également de réelles inquiétudes éthiques chez certains ingénieurs en IA.
Les gérontologues rappellent que la biologie humaine présente des limites que les ordinateurs ne sauraient surmonter du jour au lendemain. Rajeunir une souris en laboratoire, c’est une chose (Lemaître, 2021), renforcer la santé d’un homme pendant 150 ans, en est une autre (Pyrkov & Fedichev, 2021). Cependant, maintenir un être humain en bonne santé jusqu’à 150 ans reste un défi immense car il faudra composer avec le déclin du cerveau ou le risque de mutations génétiques imprévues (Ibid).
Mais cette révolution médicale menée par l’IA pose surtout une question de société cruciale. Lors d’un sommet réunissant les grands patrons mondiaux en décembre 2021, le Wall Street Journal CEO Council Summit, Elon Musk exprimait son inquiétude de voir une humanité qui refuserait de vieillir. Pour lui, la mort a un effet purificateur parce qu’elle permet de renouveler les débats et les idées.
Quelles seraient les conséquences d’un prolongement excessif de la longévité ? Pyrkov & Fedichev (2021) prétendent que la société tomberait dans une sorte d’immobilisme : les institutions politiques et le mouvement des esprits finiraient par se figer complètement. Les anciens ne laisseront pas le pouvoir et leurs dogmes, et la jeunesse, reléguée au second plan, sera totalement sacrifiée (Wareham, 2023). R.Y. B.
(*) Professeur d’université en sciences économiques, Expert en économie de la connaissance, management de l’innovation et commerce international
Les exemples historiques illustrent bien cela, et Elon Musk l’avait même déclaré au quotidien Axel Springer en 2022 : «Les hommes ne changent pas d’avis, ils meurent» pour laisser place à une modernité qui va tout faire bouger. Sortir de ce cycle entraînerait le blocage ou l’«ossification» de la civilisation.
(ibid).L’affirmation selon laquelle la super-intelligence artificielle permettra de franchir une longévité de 160 ans d’ici 2035 (Alexandre, 2026) suscite un scepticisme légitime, particulièrement au regard de la situation des pays en développement (Mikava & Mamulaidze, 2023).
Bien que les progrès technologiques et médicaux soient réels, l’écart infrastructurel, économique et sanitaire entre les pays du nord et ceux du sud crée une fracture technologique majeure (Stankovich / PNUD, 2021). Sans une redistribution mondiale des avancées de l’IA (Guterres / SG/Nations Unies,), cette promesse de longévité risque de rester le privilège d’une minorité connectée, accentuant les inégalités mondiales au lieu de bénéficier à l’ensemble de l’humanité (Victor, 2025).
Ainsi, « … c’est une question de justice sociale qui ne manque pas d’exploser. Ces traitements extrêmement coûteux et très énergivores, seront-ils réservés aux ultra-riches de la Silicon Valley ou accessibles à tous ? La menace d’une fracture biologique est immense : une humanité coupée en deux, entre ceux qui vieillissent normalement et ceux qui ont les moyens de rajeunir. C’est là que l’argent rejoint la science. Alors que l’IA nous promet 160 ans de vie, elle s’apprête à vider les bureaux et les usines. Les robots et les logiciels vont prendre la place des ouvriers, des employés et des créateurs. Étrange paradoxe : au moment où l’homme parvient à s’assurer un siècle de vie, la vie du travail disparaît de son existence » (Laurent Alexandre et Babeau (2025) !
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