2026-06-14

L’Algérie renforce son dispositif anticancer


Les ministres de la Santé et de l’Industrie pharmaceutique président, samedi au CIC Abdelatif Rahal à Alger, l’ouverture des travaux de la Conférence internationale dédiée à la recherche sur le cancer.

Placée sous le haut patronage du président Tebboune, cette rencontre est organisée sous le thème «Vision, priorités et partenariats» par la Commission nationale de prévention et de lutte contre le cancer (CNPLCC), en collaboration avec l’Agence internationale de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

La santé, la recherche scientifique et l’innovation au cœur des politiques publiques

La rencontre a réuni le président de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire, des représentants du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), ainsi que des représentants de plusieurs ministères et associations de malades, en plus d’universitaires, de chercheurs algériens et étrangers. Dans son allocution, le ministre de la Santé souligne que cette conférence s’inscrit dans la vision des autorités publiques qui placent la santé, la recherche scientifique et l’innovation au cœur des politiques publiques et des leviers du développement national.

Ait Messaoudene rappelle que cette rencontre coïncide avec l’adoption d’une stratégie nationale de prévention et de lutte contre le cancer 2025-2035. «En Algérie, cette pathologie représente un défi croissant, lié à l’allongement de l’espérance de vie, à l’évolution des modes de vie et à une exposition accrue à certains facteurs de risque, notamment le tabagisme, l’alimentation déséquilibrée, la sédentarité et les facteurs environnementaux», explique le ministre de la Santé.

Elargissement des programmes de dépistage

Selon les données du réseau national des registres du cancer, plus de 56 000 nouveaux cas ont été enregistrés en 2023, soit une hausse supérieure à 34 % en moins de dix ans. Le ministre insiste sur le rôle central de la recherche scientifique dans les systèmes de santé modernes, qui ont permis de réduire significativement le poids du cancer grâce à la médecine de précision, à la recherche génétique, à l’intelligence artificielle et à l’analyse des données de santé. «C’est dans cette perspective que la stratégie nationale consacre un axe entier à la recherche et à l’innovation, avec l’ambition de bâtir un système national capable de produire des connaissances, de développer la recherche appliquée et de transformer ses résultats en solutions concrètes», ajoute le ministre de la Santé.

Le ministre met également l’accent sur l’élargissement des programmes de dépistage, notamment pour les cancers du sein et du col de l’utérus, le diagnostic précoce restant un facteur déterminant dans l’amélioration des chances de guérison, avec un souci constant d’en garantir l’accès aux citoyens. Il évoque, par ailleurs, les investissements engagés pour renforcer le réseau national des structures spécialisées, qui comprend 15 centres de lutte contre le cancer, 24 centres de radiothérapie, 61 accélérateurs linéaires et 52 traitements innovants intégrés à l’arsenal thérapeutique national.

Renforcer la gouvernance scientifique

Selon Ait Messaoudene, l’Algérie dispose d’atouts importants à travers ses universités, ses centres de recherche, ses CHU et ses compétences scientifiques, chez nous et à l’étranger. Toutefois, l’ampleur des défis impose de franchir une étape plus ambitieuse, fondée sur le développement de programmes nationaux de recherche, le renforcement des études épidémiologiques, la modernisation des registres nationaux du cancer et le soutien à la recherche clinique selon les standards internationaux. «Le pays a totalisé plus de 320 études cliniques au cours des quinze dernières années, dont plus de 20 % dans le domaine de l’oncologie, avec 57 essais cliniques actuellement en cours sur le cancer», relève-t-il.

Le ministre réaffirme l’engagement du Secteur à poursuivre le soutien à la recherche scientifique et clinique, à renforcer la gouvernance scientifique et les mécanismes de financement et d’évaluation, ainsi qu’à encourager l’innovation et la promotion des jeunes compétences. «Notre objectif est de faire des résultats de la recherche une référence pour l’élaboration des politiques publiques de santé et pour une prise de décision fondée sur des données probantes», conclut-il.

Encourager le développement de thérapies ciblées

Pour sa part, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, souligne que ce secteur constitue une priorité stratégique pour réduire la dépendance aux importations, renforcer les capacités nationales de production et soutenir la recherche et l’innovation, avec une attention particulière portée aux traitements anticancéreux. Il indique que le tissu industriel pharmaceutique national compte désormais un nombre important d’unités de production couvrant différentes formes galéniques, avec une capacité permettant de satisfaire plus de 82 % des besoins nationaux en médicaments. Le ministre fait également état du lancement de projets stratégiques pour la fabrication de matières premières et d’intrants de production, notamment pour les médicaments anti-tumoraux. A cela s’ajoute le lancement, d’ici la fin de l’année en cours, de la thérapie cellulaire.

Le ministre insiste, par ailleurs, sur le rôle de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques dans le contrôle de la qualité et de la sécurité des médicaments, ainsi que sur les efforts visant à encourager l’investissement et les partenariats, nationaux et étrangers, à travers l’accompagnement des investisseurs et la simplification des procédures administratives. Pour Kouidri, la lutte contre le cancer ne peut progresser qu’à travers une mobilisation coordonnée des différents acteurs, notamment dans les domaines de la recherche scientifique. De ce fait, il juge impératif de renforcer les liens entre l’industrie pharmaceutique, les institutions de recherche et les universités constitue un impératif, afin d’encourager le développement de médicaments innovants et de thérapies ciblées. S’agissant de la réglementation relative aux essais cliniques, le ministre évoque l’adoption d’un cadre juridique facilitant le traitement des dossiers dans le respect des normes internationales ainsi que la mise en place prochaine d’une commission nationale chargée d’en assurer le suivi.


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