2026-04-16
L’Algérie est en lice pour exporter des médicaments vers la Libye qui lance un appel d’offres de 950 millions d’euros.
Dans une note toute récente datée du 14 avril, le ministère de l’Industrie pharmaceutique a invité les producteurs en Algérie à participer à l’appel d’offres international lancé par les autorités libyennes pour l’importation de médicaments pour une valeur totale de 950 millions d’euros.
Le ministère insiste, dans sa note, sur «le renforcement des opportunités d’exportation de produits pharmaceutiques algériens vers le marché libyen».
Il invite ainsi les établissements de fabrication de produits pharmaceutiques à participer à l’appel d’offres dans «le respect de la réglementation en vigueur». Le ministère recommande aux producteurs de médicaments de consulter le contenu de l’appel d’offres minutieusement sur les plateformes numériques relevant du ministère libyen de la Santé.
Le marché libyen n’est pas inconnu des entreprises algériennes de fabrication de produits pharmaceutiques. En octobre dernier, le groupe public Saidal avait signé un protocole d’accord pour l’exportation de médicaments et de produits médicaux, à l’occasion de la Foire de commerce intra africain, l’IATF 2025 tenue en Algérie.
L’accord prévoyait la relance des exportations de produits pharmaceutiques algériens vers la Libye, mais aussi le transfert d’expertise et de technologies dans le domaine de la production pharmaceutique. Cette coopération vise à consolider les capacités industrielles des deux pays et à promouvoir un partenariat équilibré et durable dans le secteur de la santé.
Le groupe Saidal n’est pas le seul opérateur algérien dans le domaine pharmaceutique à exporter vers la Libye. Novo Nordisk a déjà effectué des opérations d’exportation de produits antidiabétiques vers la Libye ces dernières années.
L’Algérie a franchi bien des étapes dans le domaine de la production pharmaceutique. Grâce à 200 unités de production, dont une dizaine spécialisées dans la production de produits anticancéreux, le pays assure 80% de ses besoins en médicaments, comme l’avait indiqué Dounia Bouderbal, cheffe de la sous-direction de la promotion de la production pharmaceutique au ministère de l’Industrie pharmaceutique, en fin d’année, à la radio, en marge de la tenue de la Conférence ministérielle africaine sur la production pharmaceutique tenue du 27 au 29 novembre 2025, en coordination avec l’Organisation mondiale de la Santé. L’événement ayant rassemblé 29 pays africains et plus de 700 participants, les opérateurs algériens ont procédé à la signature de cinq contrats d’exportation pour un montant global de 10 millions de dollars avec des pays africains, tels que la Mauritanie, la Libye et le Sénégal, couvrant les médicaments et les dispositifs médicaux.
C’est donc dans un marché qu’ils connaissent bien que les opérateurs algériens entrent en compétition dans l’appel d’offres lancé par le ministère libyen de la Santé pour l’exportation de médicaments.
Avec une expertise avérée, l’Algérie entend bien jouer sa carte pour prendre des parts dans cet appel d’offres de presque un milliard d’euros dans un pays voisin, limitrophe de quoi optimiser les coûts et pouvoir proposer des prix avantageux par rapport à la concurrence.
Le ministère de la Production pharmaceutique a veillé à sensibiliser les opérateurs sur l’importance de la transaction pour le secteur en Algérie d’où la note adressée aux entreprises de production pharmaceutique activant dans le pays.
Partagez sur vos réseaux sociaux :