2026-03-09
Des chercheurs ont identifié un mécanisme à l'origine de la maladie d'Alzheimer. Cela pourrait mener à de nouvelles pistes de traitement.
Les chercheurs français ont fait une découverte majeure sur la maladie d'Alzheimer. Ils ont identifié un nouveau mécanisme à l'origine de cette maladie, ce qui pourrait ouvrir la voie à de futurs traitements. "Des chercheurs de l'INSERM, de l'université et du CHU de Lille ont découvert que des cellules spécifiques, les tanycytes, pourraient être impliquées dans l'apparition de l'Alzheimer", indique Vincent Valinducq dans "Bonjour ! La Matinale TF1". "Lors de la maladie d'Alzheimer, on va avoir au centre du cerveau, à l'hippocampe, une accumulation de protéines anormales, la protéine Tau", explique le médecin. Cette accumulation de protéines Tau est d'abord présente dans la zone du cerveau qui est responsable de la mémoire, puis, avec le temps, elle se propage à tout le cerveau. "Lorsqu'elle s'accumule, les neurones communiquent moins bien entre eux, le cerveau fonctionne moins bien, et c'est là qu'apparaissent les symptômes : troubles de la mémoire, troubles de la parole, troubles du langage", détaille-t-il.
Cette accumulation anormale de protéines Tau est un point important. "Jusqu'à présent, on ne savait pas trop ni pourquoi ni comment cette protéine Tau s'accumulait dans le cerveau des patients", explique Vincent Valinducq. Avec les cellules tanycytes, les chercheurs français ont fait deux découvertes très importantes. "Les chercheurs ont découvert que les cellules tanycytes étaient le transporteur principal pour nettoyer le cerveau de cette protéine Tau, l'emmener dans le sang, éliminer cette protéine et éviter l'accumulation anormale de cette protéine", précise le docteur. De plus, les chercheurs "ont découvert que lorsque cette cellule tanycyte était abîmée, dégradée, elle transportait beaucoup moins bien la protéine Tau vers le sang. Résultat, accumulation de cette protéine anormale au niveau du cerveau. Ce sont les deux points importants", détaille le médecin. Cette découverte a été faite initialement chez la souris, puis chez l'homme, "notamment chez les patients de la maladie d'Alzheimer et non dans les autres types de démence", ajoute-t-il.
Cette découverte pourrait-elle ouvrir la voie à de nouveaux traitements ? "Absolument. Aujourd'hui, l'un des axes qu'on retrouve le plus dans les traitements, ce sont des médicaments qui vont venir attaquer l'accumulation de cette protéine anormale au niveau du cerveau", développe le médecin. Cela s'appelle des anticorps monoclonaux. Ils sont déjà disponibles aux États-Unis et pourraient arriver en France, le temps qu'ils soient validés. "Là, le deuxième axe serait, finalement, en allant travailler sur ces cellules tanycytes, en allant les protéger et potentiellement en allant les réparer pour améliorer le nettoyage du cerveau de ces protéines. Peut-être qu'on tient là une piste pleine d'espoir, notamment pour les 1,2 million de patients touchés par la maladie d'Alzheimer en France", conclut Vincent Valinducq.
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