2026-02-06
La maladie de Parkinson pourrait être mieux comprise grâce à une étude internationale. Les chercheurs ont identifié le réseau SCAN, une zone cérébrale plus vaste qu'imaginée, responsable des symptômes. Cette découverte promet des traitements plus ciblés et efficaces.
Une nouvelle piste qui pourrait ouvrir la voie à un traitement beaucoup plus efficace. Une nouvelle étude internationale menée par le laboratoire Changping en Chine, en collaboration avec la faculté de médecine de l'université Washington à Saint-Louis, a réussi à localiser plus précisément la région du cerveau responsable des principaux symptômes de la maladie de Parkinson. Selon ces chercheurs, cette zone cérébrale serait beaucoup plus étendue que ce que l'on pensait auparavant.
Cette étude, publiée en février 2026 dans la revue Nature, redéfinit la maladie de Parkinson non pas comme un trouble ciblant des membres spécifiques, mais comme une pathologie du réseau d'action somato-cognitif (SCAN), une zone du cerveau qui agit comme une "tour de contrôle" intégrée.
Contrairement aux zones motrices classiques qui ne gèrent que la mécanique d'un bras ou d'une jambe, le SCAN coordonne le corps entier, régule la posture et prépare même le cœur et l'esprit à l'effort. Chez les patients parkinsoniens, ce réseau est en état d'hyperconnectivité : il "surcharge" le cerveau d'informations, ce qui finit par bloquer les mouvements et perturber des fonctions vitales comme le sommeil ou l'humeur.
"Pendant des décennies, la maladie de Parkinson a été principalement associée à des déficits moteurs et aux ganglions de la base, la partie du cerveau qui contrôle les mouvements musculaires, et maintenant nos travaux montrent que la maladie trouve ses racines dans un dysfonctionnement du réseau beaucoup plus vaste", explique Hesheng Liu, auteur principal de l'étude, à 3cat.
Pour faire cette découverte, les chercheurs ont analysé les données d'imagerie de plus de 800 patients atteints de la maladie de Parkinson présentant diverses pathologies, ainsi que celles de personnes en bonne santé. Cette étude ouvre la voie à des traitements beaucoup plus efficaces : en testant des stimulations magnétiques ciblées précisément sur ce réseau SCAN plutôt que sur les zones motrices habituelles, les chercheurs ont réussi à doubler l'amélioration des symptômes chez les patients.
La prochaine étape consiste à utiliser des ultrasons focalisés de faible intensité pour "piloter" le SCAN. Cette méthode indolore permet d'ajuster les circuits du cerveau à distance, grâce à de simples ondes sonores.
La maladie de Parkinson est la deuxième pathologie neurodégénérative la plus fréquente après Alzheimer. En France, près de 270 000 personnes en sont atteintes selon Santé publique France, et environ 25 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année.
Cette affection entraîne des troubles moteurs (tremblements, rigidité, lenteur des mouvements) mais aussi non moteurs comme les troubles du sommeil, l’anxiété ou la dépression. L’âge moyen du diagnostic se situe autour de 58 ans, mais 10% des cas concernent des personnes de moins de 50 ans.
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