2026-02-05
La dispensation ambulatoire permettrait, selon le Dr Tirache, de rapprocher le médicament du patient, en lui évitant des déplacements lourds vers les établissements hospitaliers et en facilitant l’accès aux traitements à proximité de son lieu de résidence.
La pharmacie de demain» est la thématique retenue pour la 20e édition du Salon international de la pharmacie en Algérie (Siphal) ouverte hier à Alger, sous le parrainage des ministères de la Santé et de l’Industrie pharmaceutique. Accueilli au pavillon central du Palais des expositions de la Safex, à Alger, le salon se tient du 4 au 7 février. Ce choix traduit une projection vers l’avenir du secteur, après une 19e édition placée sous le thème : «La pharmacie dans la prise en charge du cancer», qui avait mis en lumière le rôle élargi du pharmacien dans le parcours de soins. Cette nouvelle édition réunit plus de 160 exposants, couvrant l’ensemble de la chaîne pharmaceutique et devrait accueillir près de 11 000 visiteurs professionnels. Le Siphal-2026 confirme ainsi, de l’avis des organisateurs, sa position de salon de référence au niveau national et régional dédié à la promotion et au développement de l’industrie pharmaceutique algérienne.
Quatre journées scientifiques, totalisant 30 communications, sont inscrites au programme. Lors de la cérémonie d’ouverture, le directeur du Siphal, le Dr Yacine Louber, a rappelé que depuis sa création en 2008, le Salon s’est imposé comme un espace privilégié de rencontres, d’échanges et de formation continue pour l’ensemble de l’écosystème pharmaceutique national. Il a souligné que la pérennité du Siphal reflète l’essor du marché pharmaceutique algérien et le développement de la production nationale,
fruit des efforts conjoints des pouvoirs publics et des opérateurs du secteur. Dans son discours inaugural, M. Louber a expliqué que le thème : «La pharmacie de demain» renvoie à une pharmacie prédictive, intelligente et connectée, centrée sur le patient, offrant des soins personnalisés et affirmant une vocation sociétale visant à garantir une large couverture sanitaire tout en intégrant une dimension écoresponsable en phase avec les aspirations de l’Algérie de demain.
Il a également indiqué que le Siphal consolide son rôle de tribune d’expression privilégiée pour les discours novateurs en matière de santé et de pharmacie, ainsi que d’espace de formation continue dédié aux visiteurs professionnels, aux opérateurs participants, tous segments confondus, et aux étudiants, considérés comme la force vive de demain. Le programme scientifique de la première journée a ensuite donné lieu à plusieurs communications de fond. Dans le cadre du programme scientifique de la première journée, le Dr Mohamed Nibouche, de la Société algérienne de la pharmacie industrielle, a mis en avant dans son intervention axée sur la «vision prospective sur l’industrie pharmaceutique algérienne».
Pharmaciens et anticancéreux
Il a notamment indiqué que près de 75% des produits pharmaceutiques sont aujourd’hui fabriqués ou conditionnés localement, précisant que la couverture du marché national par la production locale est passée de 73 à plus de 82% depuis 2023. Il a également souligné la richesse du tissu industriel national, composé de plus de 200 établissements de fabrication, et évoqué une stabilisation progressive du marché à l’horizon 2028-2030, traduisant une meilleure maîtrise de la demande et une capacité accrue à répondre aux besoins thérapeutiques, notamment en milieu hospitalier. Dans ce sillage, le Dr Sami Tirache, président du Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (Snapo), a plaidé dans sa conférence autour du thème : «La dispensation ambulatoire des anticancéreux : un tournant pour le système de santé» pour un élargissement du rôle du pharmacien d’officine dans la prise en charge des patients atteints de cancer, estimant que cette évolution répond à de nouveaux besoins sanitaires et constitue un levier positif pour la santé publique.
Le Dr Tirache a expliqué que la dispensation ambulatoire permettrait de rapprocher le médicament du patient, en lui évitant des déplacements lourds vers les établissements hospitaliers et en facilitant l’accès aux traitements à proximité de son lieu de résidence. Selon lui, le pharmacien d’officine, en tant que professionnel de santé de proximité, est en mesure d’assurer un suivi thérapeutique, de détecter et d’orienter en cas d’effets indésirables, tout en contribuant à un meilleur accompagnement du patient dans un cadre plus humain et rassurant. Il a également souligné que cette approche s’inscrit dans une rationalisation des dépenses de l’Etat, en optimisant l’utilisation des ressources tout en introduisant de nouveaux services de santé à forte valeur ajoutée. Le président du Snapo a indiqué que cette proposition a fait l’objet de discussions avec les ministères de la Santé et de l’Industrie pharmaceutique, à travers une proposition intégrée dans un projet de texte réglementaire. Par ailleurs, le Dr Tirache a insisté sur la nécessité de moderniser le système de santé, en renforçant la coordination entre le pharmacien et le médecin traitant, afin d’améliorer la qualité de la prise en charge des patients atteints de cancer. Il a toutefois regretté que certaines aspirations de la profession ne soient pas encore pleinement prises en compte dans les projets de textes actuels, réaffirmant la disponibilité du Snapo à contribuer à toute réforme allant dans le sens de la modernisation et de l’amélioration des soins.
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