2026-01-31
Les réactions à l’annonce d’un nouveau cadre juridique pour la profession de pharmaciens se poursuivent au sein des syndicats de la corporation mettant le ministère de la santé sous pression.
Après le Snapo la semaine dernière, le syndicat national des pharmaciens agréés (Snpaa) a pris position, hier, au sujet du nouveau texte de loi annoncé par le ministre de la Santé depuis le parlement la semaine dernière.
En marge de la tenue de son conseil national, le Snpaa a exprimé son « inquiétude » et sa « désapprobation » concernant ce qu’il a qualifié d’obstination du ministère de la Santé de faire passer le texte de loi sur l’exercice de la profession de pharmacien.
Le syndicat national des pharmaciens agréés fustige le manque de concertation et de participation effective des partenaires sociaux et a également critiqué le ministère de la Santé qu’il accuse d’avoir ignoré les propositions qu’il a soulevées de manière officielle.
Le Snpaa considère que la « mouture actuelle du projet de loi constitue une menace directe à la continuité de la pharmacie privée ». Le syndicat ajoute, dans, son communiqué que le contenu du texte va « accentuer la fébrilité » de nombreuses pharmacies notamment dans les régions aux équilibres précaires ».
Le syndicat estime que le projet de loi tel que présenté va creuser davantage d’écart dans la répartition géographique des pharmacies au lieu de les résoudre. « Le texte est en contradiction avec le principe de justice sanitaire et d’équité dans l’accès au médicaments », déplore le Snpaa.
Le syndicat national des pharmaciens agréés a mis en garde le ministère de la Santé contre les conséquences de faire passer le texte de loi dans son mouture actuelle.
Le Snpaa prévient que faire passer « des textes organisationnels de cette envergure sans unanimité professionnelle et sans étude réaliste de ses répercussions économiques, sociales et professionnelles est une approche unilatérale et dangereuse ».
Cette approche, met en garde le Snpaa, est à même de « perturber la stabilité de la profession » et « d’affaiblir le rôle du pharmacien comme acteur principal dans le système de santé national ».
Le syndicat national des pharmaciens agréés a mis en garde contre « l’ignorance de la voix des pharmaciens et leurs représentants légitimes » ainsi que contre « l’imposition du fait accompli ». Le Snpaa avertit que « cela conduira à une large tension professionnelle dont les parties qui ont choisi l’exclusion auront à assumer les conséquences ».
Dans son communiqué, le Snpaa a indiqué « refuser de manière claire » la mouture actuelle du projet de loi présenté par le ministère de la Santé.
Le syndicat a également appelé à l’ouverture d’un dialogue « sérieux, transparent et urgent » avec les partenaires sociaux.
Le Snpaa appelle le ministère de la Santé à reformuler son projet de loi sur des « bases réalistes qui garantissent la pérennité des pharmacies et servent l’intérêt sanitaire du citoyen avant toute autre considération ».
Le syndicat a invité ses bases dans les différentes régions du pays à se maintenir mobilisées en « défense d’une pharmacie forte, équilibrée capable de mener son rôle sanitaire et social, par toutes les formes légales ».
Le Snpaa n’est pas le premier syndicat du secteur à exprimer son refus du projet de loi annoncé par le ministre de la santé. Le Snapo, syndicat national des pharmacies d’officine avait exprimé auparavant son positionnement contre le texte qui suscite jusque-là la controverse.
Par Zine Haddadi
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