2026-01-15
La maladie de Parkinson est longtemps restée perçue comme une pathologie purement neurologique. Mais une autre piste se précise aujourd’hui. Des bactéries venues de la bouche pourraient jouer un rôle inattendu.
Pendant longtemps, la maladie de Parkinson a été considérée comme une atteinte strictement cérébrale. Pourtant, cette vision évolue. De plus en plus de travaux pointent l’influence du microbiote sur le cerveau. En particulier, certaines bactéries pourraient intervenir très tôt dans le processus. Ainsi, l’idée d’un déclenchement en dehors du système nerveux central gagne du terrain. Des chercheurs évoquent désormais le rôle possible d’une bactérie buccale, capable de migrer vers l’intestin. Une fois installée, elle produirait des substances susceptibles d’atteindre le cerveau. Cette hypothèse modifie en profondeur la compréhension actuelle. Elle ouvre aussi des pistes inédites en matière de prévention.
Alors que l’origine exacte de la maladie de Parkinson reste difficile à établir, de nouvelles pistes émergent. Une étude récente relayée par SciTechDaily apporte un éclairage inédit. Les chercheurs montrent qu’une bactérie issue de la bouche pourrait influencer les premières étapes du trouble neurologique. Il s’agit de Streptococcus mutans, bien connue pour son rôle dans les caries dentaires. Les analyses révèlent que cette dernière ne reste pas toujours confinée à la cavité buccale. Elle peut migrer vers l’intestin et y coloniser durablement le microbiote, un phénomène plus fréquent chez les personnes atteintes de Parkinson.
Une fois installée dans l’intestin, la bactérie Streptococcus mutans produit des substances actives. Certaines passent dans la circulation sanguine, puis atteignent le cerveau. Les chercheurs observent alors des atteintes caractéristiques de la pathologie. Les neurones producteurs de dopamine apparaissent particulièrement vulnérables. Ces résultats renforcent l’idée d’un axe bouche–intestin–cerveau. Ils suggèrent aussi que la maladie pourrait débuter bien avant les premiers symptômes moteurs, loin du cerveau lui-même.
Les chercheurs ont cherché à comprendre comment une bactérie buccale pouvait contribuer au développement de la maladie de Parkinson. Leurs travaux, publiés en 2025 dans Nature Communications, montrent que Streptococcus mutans produit une enzyme spécifique après sa colonisation de l’intestin. Cette dernière permet la formation d’un métabolite appelé imidazole propionate. Cette substance ne reste pas confinée au tube digestif. Elle passe dans le sang, puis franchit la barrière qui protège le cerveau.
Une fois dans le tissu cérébral, ce métabolite perturbe des mécanismes directement impliqués dans Parkinson. Les expériences menées chez l’animal montrent une perte progressive des neurones producteurs de dopamine, caractéristique de la maladie. Des signes d’inflammation cérébrale apparaissent également. Les chercheurs observent aussi une accumulation anormale d’alpha-synucléine, une protéine impliquée dans la dégénérescence neuronale. L’ensemble de ces altérations correspond à des signes bien connus chez les personnes atteintes.
Le mécanisme mis en évidence repose sur l’activation excessive d’une voie biologique appelée mTORC1. Cette voie intervient dans la survie et le fonctionnement des neurones. Lorsqu’elle est trop stimulée, les cellules nerveuses deviennent plus fragiles. Chez l’animal, son blocage limite les lésions cérébrales et améliore les capacités motrices. Ces résultats suggèrent que certaines bactéries, par les substances qu’elles produisent, pourraient accélérer des processus déjà engagés dans le cerveau.
Ces résultats ouvrent de nouvelles pistes pour mieux comprendre l’origine de la maladie. Ils suggèrent que des facteurs extérieurs au cerveau pourraient intervenir très tôt. La bouche et l’intestin deviennent ainsi des zones clés à surveiller. Cette approche élargit la vision classique d’un trouble uniquement neurologique.
Dans cette perspective, l’hygiène bucco-dentaire prend une importance nouvelle. Une bactérie associée aux caries peut, dans certaines conditions, quitter la bouche et modifier l’équilibre intestinal. Limiter sa prolifération pourrait donc réduire certaines expositions. Le brossage des dents régulier et le suivi dentaire prennent alors une importance particulière. La prévention des infections buccales apparaît comme un geste simple mais essentiel.
Enfin, ces travaux ouvrent aussi des pistes thérapeutiques inédites. Cibler le microbiote ou bloquer les substances produites par certaines bactéries pourrait, à terme, ralentir les mécanismes de dégénérescence. Cette stratégie reste encore expérimentale. Toutefois, elle souligne un point clé. Agir en amont, bien avant l’apparition des symptômes, pourrait devenir un levier majeur de prévention.
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