2026-01-13
Dans un contexte marqué par la prolifération de mélanges artisanaux et de compléments alimentaires vendus en ligne, souvent présentés comme des solutions miracles, le phénomène ne cesse de gagner en ampleur. Pour comprendre les raisons de cet engouement et les risques qu’il représente pour les consommateurs, le docteur Mustapha Zebdi, président de l’Association de protection et d’orientation du consommateur et son environnement, revient sur les dérives observées et sur les actions engagées.
Cette popularité s’explique par la facilité d’accès au contenu numérique et par la multiplication des vendeurs qui promettent des résultats rapides. Beaucoup de consommateurs, surtout ceux qui traversent des situations de fragilité physique ou psychologique, se laissent attirer par ces offres présentées comme naturelles et sans danger. Pourtant, une grande partie des allégations avancées n’est pas fondée et véhicule des idées trompeuses. Certaines pages affirment même que leurs produits peuvent traiter des maladies graves comme le cancer ou résoudre des problèmes de fertilité, ce qui est particulièrement préoccupant. Ces pratiques représentent un risque réel pour la santé publique et pour le portefeuille des consommateurs, car les produits en question peuvent être inefficaces, mal formulés ou potentiellement dangereux.
Vous avez récemment lancé une campagne nationale intitulée «Fakou Bik». Quel est son objectif et comment comptez-vous lutter contre ce phénomène ?
Nous avons lancé la campagne «Fakou Bik» pour sensibiliser le public à la gravité de ces pratiques et pour rappeler que la santé ne peut pas être laissée entre les mains de vendeurs anonymes. L’objectif est d’informer, d’alerter et de pousser les consommateurs à vérifier la provenance et la composition des produits qu’ils achètent. Une commission spécialisée a été créée au niveau de l’organisation pour analyser les allégations qui circulent sur les réseaux sociaux, signaler les produits suspects et engager, lorsque cela s’impose, des démarches administratives ou judiciaires. Notre rôle est de soutenir les victimes.
Certains défendent l’usage des plantes et des méthodes traditionnelles. Quelle position adoptez-vous face au recours croissant au «naturel» ?
Nous ne sommes pas opposés au recours aux plantes médicinales ni aux approches traditionnelles ou alternatives. Nous y croyons, mais à condition qu’elles soient utilisées de manière rationnelle, encadrée et conforme aux normes de sécurité. Ce qui est inacceptable, c’est d’exploiter la vulnérabilité des patients ou la détresse des familles pour vendre des mélanges non contrôlés, dont les effets sont inconnus. Le danger ne réside pas dans la plante en soi, mais dans l’absence de dosage, de traçabilité et de responsabilité. Notre priorité est claire et consiste à protéger le consommateur contre les dérives commerciales qui peuvent mettre sa santé en péril.
Partagez sur vos réseaux sociaux :