2025-12-13

Alzheimer, Lyme, dépression…6 nouvelles thérapies pour en finir avec les traitements lourds


Des chercheurs explorent de nouvelles voies de diagnostics et de traitements. Ces projets en développement apportent l'espoir de mieux soigner des maladies délicates.

Et si les plus grandes révolutions médicales de demain étaient déjà en marche ? Des tests sanguins capables de prédire la maladie d'Alzheimer, des ultrasons pour apaiser la dépression, une molécule qui désarme les bactéries sans détruire le microbiote... Ce ne sont plus des promesses lointaines, mais des pistes concrètes que des équipes de recherche françaises et internationales explorent activement. À la croisée de la génétique, des neurosciences et de la microbiologie, ces projets pourraient bouleverser nos façons de diagnostiquer et de soigner certaines maladies complexes, souvent mal comprises ou mal prises en charge : maladie d’Alzheimer, maladie de Lyme, dépression sévère, syndrome de l’intestin irritable… Des innovations encore en développement, mais qui suscitent un véritable espoir pour des millions de patients en quête de solutions durables.

Maladie d'Alzheimer : un test sanguin pour diagnostiquer la maladie plus tôt

Un test sanguin pour diagnostiquer la maladie d’Alzheimer ? C’est déjà possible aux États-Unis ! L’Agence américaine des médicaments (FDA) a autorisé le tout premier en avril 2025. Le Lumipulse détecte précocement les plaques amyloïdes associées à la pathologie. Il pourrait arriver en France en 2026. Une prise de sang pourrait même bientôt servir à prédire le risque de développer la pathologie dans les dix ans à venir chez des personnes présentant des troubles cognitifs légers. Les biomarqueurs clés, le peptide bêta-amyloïde et la protéine Tau, peuvent être repérés dans le sang grâce une technique d’analyse ultrasensible, même s’"ils sont présents à des concentrations jusqu’à 100 fois plus faibles que dans le liquide céphalorachidien", précise le Pr Sylvain Lehmann, à l’origine de cette découverte au CHU de Montpellier (Hérault), dans un communiqué de la Fondation pour la recherche médicale. Cela permettrait d’éviter la ponction lombaire, mais aussi de différencier Alzheimer d’autres atteintes neurodégénératives. Un atout de taille dans la perspective de futurs traitements.

Infections : NM102, une nouvelle piste contre l'antibiorésistance

Près d’un siècle après l’arrivée révolutionnaire des antibiotiques, la stratégie consistant à tuer les bactéries s’essouffle. Dans le monde, l’antibiorésistance fait cinq millions de morts par an. Des chercheurs de l’Inrae ont peut-être trouvé une parade : désarmer les bactéries plutôt que les tuer. Ils ont identifié une protéine bactérienne nommée "Mfd", impliquée dans leur virulence et leur capacité à devenir résistantes. Avec des confrères du CNRS, de l’université Paris-Saclay et de l’Inserm, ils ont testé des millions de composés pour bloquer la protéine. Résultat : une molécule prometteuse, dite "NM102", empêche l’activation de Mfd chez les bactéries pathogènes, tout en préservant celles du microbiote. Les scientifiques travaillent désormais sur le développement de médicaments.

Dépression : des ultrasons qui soulageraient en douceur

L’idée de stimuler le cerveau pour soigner la dépression ne date pas d’hier. Après les électrochocs des années 1930, la stimulation magnétique transcrânienne agit en surface, tandis que la stimulation cérébrale profonde, qui nécessite l’implantation d’électrodes, cible des cas très résistants. Une nouvelle technique agit en profondeur et avec précision, mais sans recourir au bistouri : des chercheurs du Groupe hospitalier universitaire Paris, de l’Inserm et du CNRS (entre autres) viennent de la mettre au point. Au cœur du dispositif, une petite lentille imprimée en 3D, conçue sur mesure pour se poser sur le crâne du patient et diriger les ultrasons vers la zone ciblée. L’étude publiée dans Brain Stimulation en mai 2025 atteste de sa précision alors qu’auparavant l’épaisseur irrégulière de la boîte crânienne déviait les ondes. Après un traitement de cinq jours chez cinq patients gravement atteints, la sévérité de la dépression a diminué de plus de 60%. En exerçant de minuscules pressions sur les neurones, les ultrasons ouvrent des portes microscopiques, appelées canaux mécano-sensibles. L’activité électrique du cerveau est ainsi modifiée sans courant, ni médicament, ni incision. Ces espoirs devront être confirmés sur davantage de malades.

Intestin irritable : la greffe fécale au secours des patients

Se débarrasser définitivement des douleurs abdominales, ballonnements, diarrhées… Les 5 à 10% de la population souffrant du syndrome de l’intestin irritable (SII) en rêvent. Pour le moment, ils doivent se contenter de traitements symptomatiques, mais la transplantation de microbiote fécal pourrait changer leur quotidien. Le transfert de selles d’un donneur sain à un patient pour rééquilibrer le microbiote a déjà fait ses preuves dans les infections à Clostridioides difficile (une bactérie à l’origine de diarrhées). Dans le SII, des essais ont montré des résultats encourageants. Une étude norvégienne publiée en 2023 a par exemple mis en évidence qu’un an après la greffe, 24 à 41% des participants présentaient encore des symptômes sévères alors qu’ils étaient 75% avant l’intervention. L’hétérogénéité des résultats exige de poursuivre les recherches. Le premier essai français va démarrer fin 2025.

Maladie de Lyme : bientôt un vaccin pour freiner sa propagation

Le nombre de personnes touchées par la maladie de Lyme – causée par une bactérie infectant les tiques – a plus que doublé en dix ans. Certaines sont dans l’impasse, souffrant de douleurs et de fatigue persistante malgré les antibiotiques. Heureusement, la piste vaccinale se dessine. Plusieurs projets reposent sur un concept original : une fois vaccinée, la personne développe des anticorps qui, en cas de morsure, passent dans la tique via le sang qu’elle aspire, et neutralisent la bactérie avant sa transmission. Les premiers essais sur des modèles animaux ont abouti à une protection complète.

Un projet de vaccin bien plus avancé, s’appuyant sur une technologie classique, développé par Pfizer et la société franco-autrichienne Valneva, pourrait arriver sur le marché en 2026. Tous les volontaires vaccinés ont fabriqué des anticorps capables de neutraliser la bactérie plusieurs mois après l’injection.

Excès de cholestérol : une thérapie génique qui mettrait fin aux traitements à vie

Et s’il suffisait d’une seule injection pour faire chuter durablement le cholestérol ? La promesse paraît folle mais un traitement génétique est développé par le laboratoire américain Verve : en modifiant une seule lettre de l’ADN dans le foie, il désactive un gène responsable de l’excès de "mauvais" cholestérol, dit "LDL". Lors des premiers essais, une perfusion l’a réduit jusqu’à 69 % chez certains patients, sans effet secondaire. La technique employée ne coupe pas l’ADN : une enzyme remplace une lettre du code génétique, comme on corrige une faute de frappe. Autre atout, cette modification, faite sur l’ADN des cellules hépatiques, est pérenne. La cellule copie la nouvelle version à chaque division. Ce qui permettrait d’éviter la prise quotidienne de statines. Reste à savoir si la thérapie protège réellement contre les maladies cardiovasculaires, et combien de temps dure son effet.


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