2025-12-01
Une vaste étude britannique révèle cinq grandes phases cérébrales chez l'humain, avec des points de bascule à 9 ans, 32 ans, 66 ans et 83 ans. Contrairement à l'idée reçue du «cerveau adulte» à 25 ans, notre adolescence s'étendrait jusqu'au début de la trentaine.
Selon une étude britannique publiée le 25 novembre dans la revue Nature Communications, le cerveau évoluerait en cinq phases distinctes au cours de notre vie, avec des moments charnières, des points de bascule à 9 ans, 32 ans, 66 ans et 83 ans. Les recherches ont été menées sur environ 4.000 personnes jusqu'à l'âge de 90 ans et toutes en bonne santé: elles ont été soumises à des scanners afin d'observer les connexions entre leurs cellules cérébrales.
Les scientifiques ont fait un constat surprenant: contrairement aux nombreuses études qui affirment que le cerveau serait en développement jusqu'à 25 ans, il semblerait qu'il reste plus longtemps dans une phase «adolescente», en fait jusqu'au début de la trentaine.
L'évolution cognitive n'est pas linéaire et notre cerveau évolue constamment en réponse aux nouvelles connaissances et expériences acquises au cours de la vie. Les chercheurs ont ainsi noté cinq grandes étapes dans son développement. Tout d'abord l'enfance (de la naissance à 9 ans), puis l'adolescence (de 9 ans à 32 ans), l'âge adulte (de 32 ans à 66 ans), le début de la vieillesse (de 66 ans à 83 ans), avant de basculer dans la grande vieillesse.
«Le cerveau se reconfigure tout au long de la vie. Il renforce et affaiblit en permanence ses connexions, ce n'est pas un schéma stable. Il existe des fluctuations et des phases de réorganisation», explique Alexa Mousley, chercheuse à l'université de Cambridge (Royaume-Uni), coautrice de l'étude et interrogée par la BBC
Durant la période dite de l'enfance, le cerveau augmente rapidement en taille tout en éliminant une partie de la surabondance de synapses formées au début de la vie. À ce stade, il perd un peu en efficacité. Il fonctionne comme celui d'un enfant qui se promène dans un parc, allant là où son envie le mène plutôt que de se rendre directement d'un point A à un point B.
L'adolescence, elle, s'apparente à un changement brutal dès l'âge de 9 ans, lorsque les connexions cérébrales accroissent leur efficacité. Les chercheurs la décrivent comme la transition la plus profonde d'entre toutes. C'est aussi le moment où le risque de développement des troubles mentaux est le plus élevé, notamment au moment de la puberté. Les données récentes suggèrent que cette phase se terminerait en réalité bien plus tard que nos 25 ans. Les scientifiques avancent qu'elle s'étendrait en fait jusqu'au début de la trentaine. Selon Alexa Mousley, la découverte d'un pic de connexions cérébrales à cette période de la vie en serait un symptôme.
Vient ensuite l'âge adulte, défini comme une longue période de stabilité cérébrale durant trois décennies. Les changements y sont plus lents qu'auparavant, mais l'amélioration de l'efficacité cérébrale commence doucement à s'inverser. Le début du vieillissement cognitif, lui, intervient à partir de 66 ans. Rassurez-vous, ce n'est pas un déclin brutal, les schémas de connexions cérébrales se modifiant progressivement. Le cerveau cesse graduellement de fonctionner comme un tout unifié et se fragmente en régions fonctionnant de manière plus autonome et limitée.
Vient enfin le stade du vieillissement avancé, à partir de 83 ans. Les données sont plus limitées pour ce groupe, car il est plus difficile de trouver des participants âgés en bonne santé. Les changements cérébraux sont similaires à ceux du début du vieillissement, mais encore plus marqués.
Si l'étude est limitée –elle n'a pas comparé les différences d'évolutions cérébrales entre les hommes et les femmes et des questions subsistent notamment concernant l'impact de la ménopause– elle n'en demeure pas moins riche en enseignements.
Pour Duncan Astle, professeur de neuroinformatique à l'université de Cambridge, «de nombreuses conditions neurodéveloppementales, de santé mentale ou neurologiques, sont liées à la façon dont le cerveau est câblé. Les différences de câblage cérébral prédisent en effet des difficultés d'attention, de langage, de mémoire et un large éventail de comportements.»
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