2025-11-20

Le plus ancien médicament contre l'hypertension artérielle pourrait aider à traiter le cancer


Des chercheurs ont découvert des effets positifs de l'hydralazine contre le glioblastome, un cancer du cerveau

Une étude menée par une équipe de l’Université de Pennsylvanie (États-Unis) s’est intéressée au mécanisme d’action moléculaire de ce médicament, l’un des plus anciens traitements contre l’hypertension et celui de première intention de la prééclampsie. « L’hydralazine est l’un des premiers vasodilatateurs jamais mis au point et reste un traitement de première intention de la prééclampsie, une affection hypertensive responsable de 5 à 15 % des décès maternels dans le monde », précise Kyosuke Shishikura, médecin-chercheur à l’Université de Pennsylvanie. Les chercheurs ont découvert un autre pouvoir puisque ce médicament pourrait également permettre de stopper la croissance de tumeurs cérébrales agressives.

Quel mécanisme d’action ?

L’équipe a voulu mieux comprendre le mécanisme d’action de ce médicament. Elle a ainsi identifié un lien biologique inattendu entre les troubles hypertensifs et le cancer du cerveau. Ainsi, les scientifiques ont découvert que l’hydralazine agit en bloquant une enzyme sensible à l’oxygène appelée 2-aminoéthanethiol dioxygénase (ADO). Ce dernier indique aux vaisseaux sanguins quand se resserrer. « L’ADO agit comme une sonnette d’alarme qui se déclenche dès que le taux d’oxygène commence à baisser », explique la scientifique Megan Matthews.


Et d’ajouter : « La plupart des systèmes de l’organisme ont besoin de temps : ils doivent copier l’ADN, produire de l’ARN et synthétiser de nouvelles protéines. L’ADO court-circuite tout cela. Elle actionne un interrupteur biochimique en quelques secondes. » L’hydralazine agit en se liant à l’ADO et en la bloquant.


Par le passé, d’autres chercheurs et cliniciens spécialisés en cancérologie soupçonnaient déjà l’importance de l’ADO dans le glioblastome. « Des taux élevés d’ADO et de ses métabolites avaient été associés à une forme plus agressive de la maladie, ce qui laissait penser que l’inhibition de cette enzyme pourrait constituer une stratégie efficace, mais aucun inhibiteur performant n’était encore disponible pour tester cette hypothèse », rapporte l’étude.

Ralentir la progression de la tumeur

Il se trouve que cette dernière permet aux cellules cancéreuses de se développer dans le cerveau, en leur permettant l’accès à plus d’oxygène. En empêchant l’ADO d’agir, l’hydralazine entraine la sénescence des cellules cancéreuses, ce qui les empêche de se diviser, et ralentit la progression de la tumeur. C’est ce qu’ont observé les chercheurs lors d’essais en laboratoire sur des cellules de glioblastome.

Cette enzyme aide les cellules tumorales à se développer dans une zone pauvre en oxygène. L’hydralazine l’empêche d’agir ce qui entraine la sénescence des cellules cancéreuses. Ainsi, ces cellules ne parviennent plus à se diviser ce qui ralentit la croissance de la tumeur. D’autres essais devraient permettre de créer de nouveaux inhibiteurs d’ADO plus spécifiques aux tissus.

EN BREF

  • Des chercheurs de l'Université de Pennsylvanie ont découvert que l'hydralazine cible l'enzyme ADO, impliquée dans l'hypertension et le glioblastome.
  • L'hydralazine bloque l'ADO, empêchant la dégradation des protéines RGS, ce qui favorise la vasodilatation et ralentit la croissance tumorale.
  • Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles thérapies ciblées pour traiter l'hypertension et le glioblastome, en exploitant le potentiel de l'hydralazine.


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