2025-11-14

Contre le cancer, être très vieux pourrait être un avantage


Une étude sur des rongeurs suggère que, passé un certain âge, le risque de cancer aurait tendance à diminuer, suggérant que le vieillissement serait un atout sinon une arme contre le cancer.

Et si, concernant le risque de cancer, l’âge n’était pas tant notre ennemi ? Une étude scientifique publiée récemment dans la revue Nature Aging (Source 1) suggère en effet que, passé un certain âge, le risque de cancer pourrait se stabiliser voire diminuer.

Menée par des chercheurs de l’Université de Stanford (États-Unis), l’étude révèle que les souris de laboratoire très âgées développaient des tumeurs pulmonaires moins nombreuses et moins agressives que les souris plus jeunes.

Le risque de mutation augmente avec l’âge, mais il y a un « mais »


« On pourrait s’attendre à ce que les animaux plus âgés développent des cancers plus nombreux et plus graves, mais ce n’est absolument pas ce que l’étude a constaté. Alors, qu’est-ce qui, dans les changements moléculaires associés au vieillissement, supprime le cancer ? », s’interroge ainsi, intrigué, le Dr Monte Wislow, qui a dirigé l’étude. « Lorsque nous avons introduit les mêmes mutations responsables du cancer du poumon chez des souris jeunes et âgées, les jeunes souris ont développé des tumeurs plus nombreuses et à croissance plus rapide », a indiqué Emily Shuldiner, première auteure de l’étude, citée dans un communiqué (Source 1).


Pourtant, a priori, il est logique que le risque de cancer augmente avec l’âge, puisqu’avec l’âge, le risque de mutation génétique augmente. Mais il semble qu’à partir d’un âge avancé (85 ans et plus), les choses se complexifient, et que le nombre de nouveaux cas de cancer tende à diminuer. Certes, le dépistage se réduit aussi, car on estime que la balance bénéfices-risques est défavorable, et que se lancer dans un traitement long et aux résultats incertains à un âge avancé n’en vaut pas la chandelle. Moins de dépistage signifie donc moins de cancers dépistés. Il se pourrait aussi, que, si certaines personnes atteignent un âge avancé sans cancer, c’est parce qu’elles seraient mieux « équipées »

pour éliminer d’éventuels cancers en formation.


Ici, l’étude laisse entendre qu’il y aurait une cause biologique plus profonde. « Après un certain point, le vieillissement semble plutôt être une forme générique de suppression du cancer », se réjouit ainsi le Pr Dmitri Petrov, coauteur de l’étude.

Des tumeurs plus nombreuses et plus volumineuses chez les souris jeunes


Ici, les chercheurs ont étudié des souris génétiquement modifiées pour développer des cancers du poumon. Un peu plus de 12 mois après développement du cancer, la quantité de cellules cancéreuses dans les poumons des jeunes souris — mesurée par le poids des poumons et l’imagerie par fluorescence — était environ trois fois supérieure à celle des souris plus âgées. Les jeunes souris présentaient également environ trois fois plus de tumeurs, et ces tumeurs étaient significativement plus volumineuses que celles observées chez les animaux âgés. « À tous les égards, les animaux les plus jeunes présentaient des cancers plus graves », a conclu Emily Shuldiner.


De « vieilles » tumeurs qui réagissent et évoluent différemment ?

Pour les chercheurs, cette étude est la première à démontrer que le vieillissement inhibe l’initiation et la croissance tumorales. Elle indique également que les cellules tumorales des souris âgées comportent en elles des marqueurs de vieillissement. Autrement dit une cellule tumorale formée

chez un sujet âgé est « plus vieille » au niveau biologique qu’une cellule tumorale qui s’est formée chez un sujet jeune.

Si ces résultats doivent évidemment être confirmés via des études chez l’homme, ils soulignent la nécessité de mieux prendre en compte les effets du vieillissement sur le risque de cancer et la croissance tumorale, en vue de nouvelles approches thérapeutiques plus spécifiques et plus ciblées

« Les implications de cette histoire pourraient être considérables », a estimé Dmitri Petrov. « Peut-être que le vieillissement a un aspect bénéfique que nous pourrions exploiter pour de meilleures thérapies », a conclu le chercheur.


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