2025-09-02

Arthrose du genou, l’étude qui révèle que les radios font plus de mal que de bien


Une étude randomisée montre que dans l'arthrose du genou, l'utilisation excessive de la radiographie peut renforcer chez les patients l'idée qu'un remplacement articulaire est nécessaire et nuire à l'efficacité du traitement médical, dont l'exercice physique.

En France, l’arthrose touche environ 10 millions de personnes selon les chiffres de l’Inserm, dont près de 65 % des personnes de plus de 65 ans. Le genou est l’une des articulations les plus concernées par cette maladie articulaire qui conduit à la destruction du cartilage, représentant à lui seul près de 30 % des cas d’arthrose.

Bien que l’imagerie radiographique ne soit pas spécialement recommandée pour le diagnostic de routine de la gonarthrose, beaucoup de médecins s’appuient sur les rayons X pour la diagnostiquer, et la grande majorité des patients s'attendent à se voir prescrire cet examen du genou pour s'entendre confirmer le diagnostic d'arthrose. Mais une étude australienne récente, publiée dans Plos medicine, remet ce réflexe en cause : selon les chercheurs de l'Université de Melbourne, voir la radiographie de leur genou modifie la perception que les patients ont de leur maladie et influence leur décision de traitement.

Une étude sur 617 patients

L’étude s’est appuyée sur les données de 670 patients suivis pour arthrose du genou. Deux groupes ont été comparés : l’un avait accès à ses radiographies au moment du diagnostic, l’autre non. Les résultats indiquent que ceux qui pouvaient voir les clichés de leurs genoux avaient tendance à juger leur maladie comme étant plus sévère et à envisager la chirurgie plus rapidement que ceux qui ne les regardaient pas.

L’auteur principal de l’étude, le professeur Jeffrey Katz, explique : "la visualisation des clichés du genou modifie la perception des patients et peu les inciter à opter pour la chirurgie, même si ce n'est pas le traitement le plus approprié" Ce biais de perception pourrait expliquer en partie pourquoi certaines opérations de prothèse du genou sont pratiquées alors que des approches non chirurgicales, comme la rééducation, la perte de poids ou les traitements médicamenteux, auraient pu être envisagées en première intention.

Un risque de surtraitement de l'arthrose du genou

Les chercheurs soulignent la nécessité d’accompagner les patients dans l’interprétation des images médicales. Voir une articulation endommagée peut être impressionnant et conduire à des décisions rapides, parfois irréversibles. Les auteurs de l'étude rappellent en effet que l’arthrose doit être prise en charge, en première intention, par des traitements non chirurgicaux (perte de poids pour soulager l'articulation, prise en charge de la douleur, séances de kinésithérapie).

Plutôt que d’abandonner totalement la radiographie, les chercheurs suggèrent de mieux encadrer sa présentation et son usage auprès des patients. Elle reste un outil diagnostique utile, mais son interprétation doit s’accompagner d’explications claires pour éviter qu’une image brutale ne conduise à une décision précipitée.


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